L'École normale supérieure et l'IAU : un partenariat fructueux

Interview de Emmanuèle Cuningham-Sabot et deux de ses élèves

21 septembre 2017Contact

L’École Normale Supérieure (ENS) et l’IAU îdF organisent depuis 2014 un cycle de séminaires sur les questions urbaines. Ouverts à un public d’étudiants et de professionnels, ces séminaires ont pour objectif de croiser les points de vue de chercheurs, professionnels, élus et représentants de la société civile sur des thèmes à enjeux pour la région. Mieux comprendre les questions urbaines et identifier des pistes pour l’action, telles sont les orientations de ces séminaires.
Proposés alternativement dans les locaux des deux institutions, ils sont co-organisés par des élèves de l’ENS, sous la responsabilité d’Emmanuèle Cunningham-Sabot, directrice du département de Géographie, et par des experts de l’IAU, sous la responsabilité de Brigitte Guigou, chargée de mission. Questions à Emmanuèle Cunningham-Sabot et à deux élèves de l'ENS.

Quels sont, selon vous, les apports du partenariat avec l’IAU ?

Emmanuèle Cunningham-Sabot : Ce séminaire en partenariat avec l'IAU a constitué une nouveauté à l'ENS. A mon arrivée à la direction du département de Géographie, j'ai souhaité d'une part, diversifier les formules pédagogiques des enseignements et d'autre part, rapprocher ces derniers du monde professionnel. L'aménagement et l'urbanisme s'y prêtent particulièrement, c'est pour cette raison que je m'étais rapprochée de la direction de l’IAU. Ce partenariat avec l'IAU, plus grande agence d'urbanisme de France, contribue à cette diversification pédagogique. Faire participer les étudiants à l'organisation de séminaires de recherche exploratoire sur des questions urbaines, en lien avec les chargés d'études de l'IAU et avec des acteurs de l'aménagement, des professionnels, et représentants de la société civile, constitue une expérience et une confrontation nouvelles pour eux. En effet, ils sortent tout juste de classes préparatoires où l'aménagement et l'urbanisme sont peu enseignés en cours de géographie et où les étudiants sont peu en contact avec le monde professionnel, autre que celui de l'enseignement.

Quelle est la place de l’aménagement et de l’urbanisme dans le département Géographie de l’ENS ?

E.C.-S. : Je suis qualifiée en Géographie (section 23) et  suis la seule professeure en « Aménagement de l'espace, Urbanisme » (section 24) de ce département de géographie, il me revenait donc de développer ce type de partenariat où effectivement la pluridisciplinarité est de mise. Ayant fait des études d'aménagement et de sciences économiques, la pluridisciplinarité me semble incontournable, comme la confrontation aux pratiques et aux idées de l'ensemble des acteurs qui "font" la ville.

Y a-t-il, parmi l’ensemble des idées qui ont circulé dans les derniers séminaires, une idée forte que vous souhaiteriez souligner ?

E.C.-S. : Chaque préparation est un bouillon d'idées, qui en font éclore de nouvelles durant le séminaire grâce à la diversité des horizons des participants. C'est certainement cela que je retiendrais et c'est pour cela que je suis impatiente des séminaires à venir. En 2017/2018, nous avons choisi comme thèmes les quartiers de gare, les nouvelles pratiques de l’urbanisme et le tourisme, comme facteur de développement local.

En tant qu’étudiants du département de Géographie de l’ENS, vous avez participé en mai 2017 à l’un des séminaires ENS - IAU sur « les nouvelles pratiques et les nouveaux services de mobilités ». Quel a été votre rôle ?  

Guillaume Lecoeur et Arthur Le Moigne : Cela s’est traduit pour nous par la prise de rôles très divers, liés aux différentes phases d’organisation du séminaire. Nous avons travaillé en lien étroit avec l’IAU et sous la responsabilité d’Emmanuèle Cunningham Sabot, directrice du département géographie de l’ENS.

La première phase est celle de la préparation du séminaire. Nous avons d’abord contribué à construire la problématique en intégrant notamment les résultats des recherches bibliographiques effectuées. Nous avons ainsi contribué, avec les experts de l'IAU, à définir des axes de questionnement et de développement, et à choisir les intervenants qui semblaient les plus à même d’y répondre de par leurs domaines de recherche ou leurs compétences professionnelles. Cette première partie a été suivie de l’organisation pratique de l’événement et notamment de sa communication, les étudiants de l’ENS étant plus particulièrement en charge de diffuser l'information au sein des réseaux de la communauté normalienne. Une fois le séminaire terminé, nous avons eu pour tâche de restituer les interventions, via la rédaction d’actes du séminaire. Ces actes ont pour ambition de croiser les points de vue tenus dans leur complexité, tout en demeurant accessible à un large public de professionnels de l’aménagement et de l’urbanisme.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ? 

G.L. & A.L.M. : Soulignons en premier lieu les savoirs acquis au cours de ce séminaire sur une problématique urbaine d'actualité, celles des nouvelles pratiques et nouveaux services de mobilité. Cela a été l’occasion d’enrichir notre regard sur des questionnements souvent très proches, voir directement liés à nos travaux de recherche personnels. Au-delà de ces connaissances, nous avons également pu développer des compétences opérationnelles relatives à l’organisation d’un tel événement. Il faut enfin noter l’aspect humain, qui fut lui aussi très enrichissant. Ces séminaires sont en effet l’occasion de construire nos réseaux et de rencontrer des personnes issues de milieux très divers et pour qui les questions urbaines sont centrales. Cela concerne le milieu de la recherche évidemment, mais aussi celui des collectivités locales, des institutions publiques, ou des acteurs privés. Sans oublier bien sûr les échanges fructueux avec les experts de l'IAU !

Propos recueillis par Brigitte Guigou, chargée de mission formation - partenariat recherche