Une thèse en CIFRE à l'IAU : témoignages croisés

Entretiens d'Emma Thébault, Anca Duguet et Christian Thibault

27 octobre 2016

Emma Thébault est salariée-doctorante à l’IAU depuis l'automne 2015 et pour une durée de 3 ans. Sa thèse, dirigée par Sabine Barles (Géographie-cités, Université Paris Sorbonne) porte sur « Les infrastructures de l’eau à l’épreuve des impératifs environnementaux : reconfigurations de l’emprise métropolitaine sur le bassin versant séquanien (1980-2015) ».

 

À l'IAU elle est rattachée à deux départements : Environnement Urbain et Rural (DEUR) et Urbanisme et Aménagement des Territoires (DUAT). Les directeurs de ces départements, Christian Thibault (DEUR) et Anca Duguet (DUAT), témoignent des apports de cette thèse en CIFRE pour l'Institut.

Elle est encadrée au quotidien par Manuel Pruvost-Bouvatier (DEUR).

Que vous apporte le partenariat avec l’IAU ?  

E.T. : Le statut de doctorante en CIFRE me semble particulièrement intéressant dans ma discipline - l’urbanisme - car il permet de se situer entre le monde de la recherche et celui de l’action : il offre ainsi une place d’observateur privilégié et une position stratégique pour la diffusion hors du champ académique des connaissances produites dans le cadre de la recherche.  

Le partenariat avec l’IAU est assez idéal pour une doctorante en CIFRE : l’Institut possède d’abord un grand nombre de ressources, allant des données cartographiques régionales fines et exhaustives, aux contacts dans les collectivités de la région, en passant par des chargés d’étude pointus. J’y bénéficie donc d’expertises avisées, d’un appui technique et des données pour appuyer et nourrir mes travaux. Ensuite, en raison de son activité d’étude, l’IAU intègre les temporalités longues de la recherche ainsi que les spécificités de la production scientifique : la symbiose entre mon travail de chercheuse et mon travail de chargé d’étude se fait aisément. Enfin, le rôle de collaborateur, d’animateur et de producteur de connaissance de l’IAU auprès des acteurs territoriaux de l’agglomération parisienne me permet de mieux comprendre les besoins en connaissance de ces acteurs, et facilite et optimise la diffusion des résultats de mes travaux.

Quelles sont les missions d’Emma Thébault à l’IAU et qu’apporte, pour l’Institut, la collaboration avec une doctorante ?

A.D. et C.T. : Emma prend part aux travaux qui sont menés à l’IAU autour des questions de renaturation du cycle de l’eau. Son sujet de recherche s’est précisé au cours de cette première année et porte sur le rapport entre gestion de l’eau en surface et aménagement. Cette interrogation est déclinée: via  l’étude : de l’évolution du contexte réglementaire, de la structuration des acteurs, et des changements de pratiques dans les opérations d’aménagement franciliennes.

Concrètement, elle participe, au sein d’une petite équipe, au recensement des techniques alternatives de gestion des eaux de pluie intégrées aux aménagements de surface. A partir de ces informations collectées principalement auprès des maîtres d’ouvrages et de l’observation des pratiques de renaturation des rivières, elle proposera une analyse éclairant les dynamiques en cours et leurs spécificités territoriales. Le paysage urbain ainsi renouvelé et la transversalité des concepts sous-jacents seront les questions saillantes de son travail de recherche. La présence d’Emma est ainsi une occasion de construire une réflexion plus poussée sur le plan conceptuel et théorique sur les évolutions des pratiques des acteurs qui se confrontent aux contextes territoriaux et à la fabrique urbaine. C’est aussi une opportunité de remettre en cause quelques idées toutes faites, de confronter des « dogmes » à la réalité du terrain et d’enrichir les manières de travailler sur ces enjeux d’avenir.

Propos recueillis par Brigitte Guigou, Chargée de mission formation et partenariat recherche à l'IAU