Moret Seine et Loing

UN TERRITOIRE D’INTERFACE ENTRE RURALITé ET PéRIURBANISATION

La communauté de communes de Moret Seine et Loing (CCMSL) se situe au sud de la Seine-et-Marne à environ 70 km de Paris, au centre d’un triangle Fontainebleau-Montereau-Nemours.

Le pont de Moret, d’Alfred Sisley (1893) – Musée d’Orsay

En 1970, l’intercommunalité s’organise d’abord sous la forme du SIVOM de Moret-sur-Loing. Elle regroupe alors 7 communes autour de l’objectif de se doter d’équipements nouveaux et prend la forme d’une communauté de communes en 2002 sous le nom de Moret Seine et Loing. A partir de cette date, elle s’élargit pour compter 19 communes aujourd’hui. En son sein, un important mouvement de fusion de communes a eu lieu autour de Moret, conduisant les anciennes villes de Moret-sur-Loing, Ecuelles, Episy, Montarlot et Veneux-les-Sablons à former désormais la commune unique de Moret-Loing-et-Orvanne. Avec 12 000 habitants,  celle-ci regroupe à elle seule près du tiers de la population du territoire. La population de la CC s’élève en effet à 38 000 habitants (INSEE, 2014) pour une densité de 170 hab./km2, inférieure à la moyenne de la Seine-et-Marne et caractéristique d’un territoire nettement rural.

Ce territoire peut être divisé en trois parties. Les vallées de la Seine et du Loing, qui confluent à Saint-Mammès, structurent l’espace, accueillent la majorité des habitants et concentrent l’essentiel des flux. Au nord et à l’ouest, les bords des plateaux sont recouverts par les confins des massifs forestiers de Fontainebleau et de Champagne-Valence. Au sud s’étend le plateau du Bocage Gâtinais. Cette région paysagère fait partie du Gâtinais qui s’étend aussi à l’ouest du Loing et tient son nom des gâtines, terres pauvres et marécageuses où longtemps l’activité principale fut l’élevage ovin. La sous-région du Bocage Gâtinais tire son appellation des nombreux bosquets qui ponctuent son plateau.

Ces terres connaissent une présence humaine très ancienne et constituent, durant le Moyen-Age, un espace de marge entre le domaine royal, le duché de Bourgogne et le comté de Champagne, comme en témoignent la forteresse de Moret et la ville neuve de Flagy. Essentiellement agricoles, les activités économiques se sont diversifiées avec notamment l’installation de l’usine de matériel électrique Schneider à Champagne-sur-Seine au début du XXe siècle. A la même époque, le développement du chemin de fer a renforcé la place de Moret en tant que nœud de communication à l’intersection des routes de Bourgogne (N6) et du Bourbonnais (N7).

Aujourd’hui la présence de 5 gares de la ligne R du Transilien, dont la principale reste Moret-Veneux-les-Sablons, permet d’assurer un bon niveau de connectivité de la partie nord de la communauté de communes. Au niveau routier, le territoire est frôlé par l’A5 et l’A6 et traversé par l’ancienne N6. Enfin, la confluence entre la Seine et le Loing ainsi que le percement du canal du Loing au XVIIIe siècle, prolongeant le canal de Briare, ont longtemps permis à Saint-Mammès de faire figure de point central pour la batellerie en amont de Paris. De nos jours, si le trafic a décru, la tradition demeure.

L’agriculture domine encore dans la partie sud, tandis que l’essentiel des zones d’activités économiques se concentrent au nord : le pôle économique des Renardières à Ecuelles, la zone artisanale de Thomery, l’espace technologique et industriel de Champagne-sur-Seine ainsi que la zone industrielle du port et la zone artisanale du Puyfourcat à Vernou-La Celle-sur-Seine. Profitant de cette double présence d’un potentiel agricole et d’un savoir-faire industriel, l’intercommunalité a décidé de soutenir le développement d’une nouvelle filière de matériaux et d’énergie d’origine agricole, à travers le projet d’un pôle « Matériaux Nouvelle Génération ».

Le patrimoine est incontestablement une autre richesse du territoire. A quelques kilomètres à peine de la forêt de Fontainebleau, la ville de Moret fait figure de polarité touristique grâce à ses portes médiévales, son hôtel de ville Renaissance et ses pittoresques bords du Loing. Thomery est également riche de son passé viticole, dont témoignent les près de 300 km de murs de vigne. C’est à ce titre, que l’intégralité de la commune a été classée en ZPPAUP, et désormais en site patrimonial remarquable (SPR).

De manière plus générale, le cadre de vie est un des atouts de ce territoire, ce qui explique que l’environnement paysager et la préservation de la biodiversité soient des préoccupations majeures figurant dans le SCOT Seine et Loing de 2013. Plus largement, la vallée du Loing et celle de son affluent le Lunain sont inscrites comme « Zone spéciale de conservation » au titre des sites Natura 2000 de la directive Habitat. Toutefois, la présence de cours d’eau importants engendre de forts risques de crue et impose le classement de nombreux espaces en zones inondables. Les impressionnants débordements du Loing en 2016 et de la Seine en 2018 ont ainsi fortement touché les zones les plus peuplées de la collectivité.

Le lavoir de Flagy sur l’Orvanne © Commons / 2015

A l’échelle régionale, le SDRIF identifie Moret comme un « pôle de centralité à conforter » entre ceux de Fontainebleau et de Montereau. Champagne et Vernoux-la-Celle-sur-Seine sont des secteurs à fort potentiel de densification. La partie nord d’Ecuelles entre la voie ferrée et l’ancienne N6 est considérée comme un secteur d’urbanisation préférentielle tout comme les abords de la gare de Montigny-sur-Loing. En parallèle, le souci de préserver paysage et biodiversité impose de créer des continuités écologiques le long de la vallée de la Seine dans les zones denses et amenées à l’être encore davantage.

Un projet de parc naturel régional du Bocage Gâtinais a impliqué un grand nombre de communes du territoire mais sa position à cheval sur trois régions n’a pas permis d’assurer sa réalisation.

ENJEUX POUR DEMAIN

La pression urbaine est un sujet majeur par rapport à la préservation du cadre de vie du territoire. Les espaces urbanisés sont en augmentation constante, y compris entre 2009 et 2014 où la croissance démographique a été nulle voire négative. Le développement économique et le desserrement des ménages impliquent de proposer de nouvelles offres qui doivent en premier lieu s’inscrire dans des démarches de densification, tout en préservant le cadre bâti et planté des centres bourgs.

Enfin, au sein même de l’intercommunalité, il semble important de renforcer la centralité de Moret-Loing-et-Orvanne en profitant de ses atouts : seule gare desservie par les 2 branches de la ligne R (vers Montereau et vers Montargis), commune la plus peuplée, pôle touristique renommé. Dans ce contexte, la densification du pôle gare doit être poursuivie et intensifiée.

Une réflexion sur les modes de transports et le maintien de services et d’activités de proximité est également à tenir dans un territoire où un certain vieillissement et une paupérisation de la population se font connaître avec des enjeux importants de dépendance, d’exclusion et de précarité énergétique.

Date de mise à jour: Mars / 2018

Contact IAU sur ce territoire: Pierre-Marie.Tricaud@iau-idf.fr