La Brie Nangissienne

POLARISATION ET DIVERSIFICATION D’UN TERRITOIRE RURAL

La CC Brie nangissienne est située à 60 km de Paris dans le Seine-et-Marne, entre Melun et Provins, et regroupe aujourd’hui 20 communes, avec 26900 habitants. Elle avait été créée en 2006 à partir de 15 communes, et s’est élargie  en 2017 avec le regroupement de 4 communes supplémentaires venant de la CC Yerres à l’Ancoeur et d’une autre provenant de la CC Brie centrale. Nangis, ville la plus importante et siège de la communauté, accueille près du tiers de la population, Hormis Mormant et Verneuil-l’Etang qui ont entre 3000 et 5000 habitants, toutes les autres communes ont moins de 1500 habitants. Essentiellement rural, le territoire présente une faible densité de 92 hab/km2. Il s’étend sur les riches terres de la Brie et son paysage d’openfield est dominé par les cultures agricoles, à l’exception du quart sud-ouest recouvert par la forêt de Villefermoy – ancienne zone des confins du domaine royal à l’époque médiévale – devenu territoire de chasse et aujourd’hui réserve écologique.

Vue aérienne de Nangis © Ville de Nangis

Malgré une présence romaine avérée, notamment à Châteaubleau avec d’importantes traces archéologiques, le territoire reste encore une grande partie du moyen-âge entièrement couvert par la forêt avec quelques forteresses établies le long des grandes routes. Il faut attendre le développement des foires champenoises de Provins et de Troyes, l’établissement de prieurés et abbayes, pour que le défrichement et la mise en culture des terres ainsi que l’arrivée de populations nouvelles esquissent la structuration actuelle du territoire. Terres de passage pour les marchands, le territoire l’est aussi pour les armées que ce soit durant la guerre de Cent Ans, les guerres de religions ou encore la campagne de France à la fin du Premier Empire. Avec une croissance démographique relativement restreinte jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, le territoire connaît à partir des années 1960 une nouvelle urbanisation avec l’installation de la raffinerie de Grandpuits à proximité de Nangis. L’ouverture de l’autoroute A5, en facilitant les déplacements vers les pôles d’emplois (Melun, Sénart, Paris), renforce dans les années 1990 l’attractivité résidentielle du territoire.

Les transports en commun sont essentiellement assurés par la branche de Provins du Transilien ligne P qui relie Verneuil-l’Etang, Mormant et Nangis à Paris en 45 minutes. Un service de bus à la demande (Proxi’bus), en complément du réseau bus Seine et Marne Express et PAM77 pour les personnes à mobilité réduite, dessert en outre près de 50 points du territoire. La majorité des déplacements se fait cependant en voiture.  Via la D406 (liaison vers Melun) et la D619 (ex RN 19 et liaison vers  Provins et Troyes), la RN 4 et l’A 5 restent accessibles en une quinzaine de minutes.

L’agriculture, l’agro-industrie et l’industrie chimique sont les piliers économiques principaux du territoire avec la culture céréalière et betteravière, les établissements de la sucrerie Lesaffre à Nangis, de la raffinerie TOTAL de Grandspuits, et l’usine de produits chimiques Borealis à Quiers. Cependant, le territoire reste assez  éloigné des autres pôles d’emplois de la région.

En revanche, avec une forêt protégée dans le cadre des zones Natura 2000, et un patrimoine bâti remarquable comme le moulin de Gastins ou l’église Saint-Eliphe de Rampillon, le territoire présente des espaces particulièrement propices aux promenades et à la découverte. Le réseau de randonnées est dense, il compte le GR « Thibaud de Champagne », ce qui en fait est un atout pour le tourisme et les activités culturelles et de loisirs. Le caractère rural et forestier du territoire assure par ailleurs un cadre de vie de qualité avec des villages qui ont su rester relativement préservés.

Les acteurs ont mené, depuis 2006 notamment, une stratégie pour le renforcement de l’attractivité du territoire, la préservation du cadre de vie des habitants et la mutualisation des services et des équipements, les projets entrent aujourd’hui dans une phase opérationnelle. Le projet d’aménagement de Nangisactipôle, avec une ZAC de 25 hectares aux dernières normes environnementales et disposant de la fibre optique,  a ainsi pour vocation principale l’accueil d’activités et de services de proximité (relais assistants maternels, écoles multisports, accueil de loisirs) via une offre foncière adaptée et modulable.

Le renforcement de la polarité de Nangis est aussi soutenu à travers la ZAC de la Grande Plaine. Ce nouveau quartier de 35 hectares vient en effet compléter l’offre de logements (600 logements dont 30% sociaux) et appuye l’opération Nangisactipôle avec 5 hectares à vocation commerciale.

La participation de la Brie nangissienne au développement et à l’équilibre de la région passe par le confortement des pôles de centralité de Nangis et de Mormant, en cohérence avec les bassins de déplacement de Provins – Nogent-sur-Seine particulièrement, et de Montereau-Fault-Yonne dans une moindre mesure.

L’optimisation des espaces urbanisés, la densification aux abords des gares, ainsi qu’une urbanisation préférentiellement en continuité de l’existant et respectueuse de l’environnement, sont préconisées avec une intensification urbaine plus appuyée sur Nangis. Au niveau économique, le développement de nouvelles filières est attendu pour permettre la création d’emplois et favoriser le progrès écologique et social.

ENJEUX POUR DEMAIN

Le territoire doit concilier plusieurs objectifs majeurs dans l’avenir. Si la spécialisation économique dans l’agroalimentaire et la chimie est pourvoyeuse d’emplois, l’intercommunalité aura tout intérêt à soutenir les projets de diversification tels que ceux envisagés au sein du projet Nangisactipôle. Avec la priorité accordée au renforcement des polarités du territoire, une attention particulière devra être accordée quant à leur cohérence afin de favoriser les complémentarités et éviter la concurrence, notamment avec Provins. Pour renforcer l’attractivité du territoire, un confortement urbain des pôles-gares aura à s’appuyer sur des stratégies privilégiant la proximité et le développement des déplacements alternatifs. Cela viendrait en complément d’une amélioration nécessaire des mobilités vers des centralités plus importantes hors du territoire (Melun, Montereau, Coulommiers).

Un effort particulier doit aussi être mené pour lutter contre les phénomènes d’isolement et de précarité énergétique qui touchent une part non négligeable  des habitants de territoires ruraux. Enfin, en plus de la sauvegarde de zones naturelles sensibles, le territoire devra investir la question des modes de production agricole plus respectueux de l’environnement, notamment vis-à-vis de la ressource aquifère d’échelle régionale de la nappe de Champigny.

Date de mise à jour : Mars / 2018

Contact IAU sur ce territoire : yann.watkin@iau-idf.fr

Cœur d’Yvelines

UN ESPACE RURAL FAVORISé AUX PORTES DE LA VILLE NOUVELLE

La communauté de communes de Cœur d’Yvelines regroupe 31 communes. Elle compte 48 000 habitants (INSEE, 2014) sur 228 km2 ce qui équivaut à une densité moyenne de 212 hab/km2, largement inférieure à la moyenne départementale (620 hab/km2). Le siège de la communauté se trouve à Saulx-Marchais bien que la ville la plus peuplée soit Beynes avec 7 700 habitants. Le zone la plus dense se trouve à l’est, à proximité de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. L’urbanisation s’est développée de long d’axe est-ouest, soit sur les collines au nord de la plaine, soit le long des axes de transports, (RN 12 et surtout voie ferrée). C’est un territoire qui reste néanmoins encore peu urbanisé avec plus de la moitié des communes comptant moins de 1 000 habitants.

Cette communauté de communes a été créée en novembre 2004 par 6 communes : Beynes, Jouars-Pontchartrain, Neauphle-le-Château, Saint-Germain-la-Grange, Saulx-Marchais et Thiverval-Grignon. Après l’ajout d’un nouveau membre en 2007, le périmètre de la communauté s’est considérablement étendu en 2014 avec l’intégration de 24 communes.

Montfort-l’Amaury © A. Laporte/Flickr-CC

Le territoire s’étend essentiellement sur la plaine dite de Neauphle, vaste cuvette agricole et zone de passages ancienne. Au Moyen-Age, les seigneurs de Montfort dominent la région tantôt en seigneurs vassaux du roi de France, tantôt en suzerains du duché de Bretagne. Au XVIIe, l’installation de la Cour à Versailles favorise la construction de nombreux châteaux comme à Thoiry, et Pontchartrain. Au XIXe et début XXe, les résidences secondaires se multiplient mais ce n’est qu’avec le développement de Saint-Quentin en Yvelines que la croissance démographique devient significative. L’urbanisation commence à marquer fortement l’espace dans les années 1970 avec la construction de vastes ensembles pavillonnaires, comme à Beynes, avant de gagner progressivement tout le territoire de l’intercommunalité.

Les nouveaux arrivants sont souvent attirés par la qualité paysagère qui est un des atouts du territoire. En son centre, la grande plaine agricole s’étend de Neauphle à Garancière. Elle est circonscrite, au nord, par de petites buttes boisées (Beynes, Thoiry, Goupillières) et, au sud, de Montfort-l’Amaury à Gambais, par une zone vallonnée qui constitue le début du domaine forestier de Rambouillet. C’est la partie la plus propice aux activités de randonnées pédestres, cyclistes ou équestres, qui fait d’ailleurs partie du PNR de la Haute Vallée de Chevreuse.

Certaines communes du territoire sont, en outre, des pôles d’attraction touristique. Ainsi Montfort-l’Amaury est réputé pour son patrimoine ancien préservé et son cadre naturel agréable. De son côté, Thoiry est connu pour son château mais surtout pour son parc qui accueille une des plus vastes réserves zoologiques de France.

Beynes: lotissement et centre ancien © Caroline Fontana – survoldefrance.fr

La desserte du territoire s’est fortement améliorée depuis le doublement de la RN 12 qui permet d’aller vers Paris et vers les pôles d’emplois dynamiques de la ville nouvelle. La ligne N du Transilien dessert le territoire avec 5 gares.

Enfin c’est un territoire relativement riche : le taux de diplômés est supérieur à celui de la région, le niveau de vie de 20 à 40% plus élevé que la médiane régionale, le taux de chômage deux fois inférieur. C’est cependant un territoire essentiellement résidentiel et une population d’un quart de retraités. Enfin, la faiblesse des équipements sportifs et culturels limitent le rayonnement du territoire et obligent les habitants à se déplacer vers les pôles voisins.

Pour renforcer son attractivité et les services auprès des habitants, la communauté de communes a mené des actions diverses :

  • Soutien à la crèche « Cœur d’enfants » à Neauphle-le-Château,
  • Création d’une piscine à Montort-l’Amaury,
  • Aménagement de la ZAC Pavy 2 à Saint-Germain-la-Grange qui doit permettre l’installation de locaux d’activités.
  • Acquisition de réserves foncières pour favoriser la construction de logements sociaux dans la partie ouest du territoire.

En outre, des actions sont menées afin de soutenir le déploiement de la fibre optique et faciliter l’intermodalité par le réaménagment de parkings de gare. En 2017 à l’occasion de la signature du contrat de ruralité, 10 projets ont été programmés dont la revitalisation du centre bourg de Saint-Rémy-l’Honoré et la création de maisons des assistant(e)s maternelles à Tremblay-sur-Mauldre et Grosrouvre. Un fond d’investissements est également constitué pour faciliter des travaux sur les économies d’énergies, l’accessibilité des PMR, le maintien du commerce local et de l’artisanat et la valorisation du patrimoine bâti.

Enfin, la communauté de communes cherche à faire émerger une offre de tiers-lieux[1], afin de pouvoir répondre aux attentes des personnes actives, de faire émerger une offre de services nouveaux et de poursuivre le développement économique du territoire.

 

Dans le cadre du SDRIF, la communauté de communes fait partie des territoires de transition entre une urbanisation dense à contenir et des espaces ruraux à préserver. C’est pourquoi un « front urbain d’intérêt régional » est identifié entre les villes de Jouars-Pontchratrain et de Neauphle-le-Vieux. Les alentours de la gare de Villiers-Neauphle-Pontchartrain sont appelés à être densifiés. Deux pôles de centralité équilibrent le territoire au centre et à l’ouest : le premier à Montfort-l’Amaury et le second à La Queue-les-Yvelines en limite avec GarancièresUN. Le maintien du cadre paysager et des écosystèmes naturels est assuré par les continuités écologiques dans la vallée de la Mauldre au niveau de Beynes, de Villiers-Saint-Frédéric et entre Neauphle-le-Château et Saint-Germain-la-Grange. Il est important d’assurer une liaison entre les espaces agricoles de Jouars-Pontchartrin et les espaces forestiers de Plaisir.

ENJEUX POUR DEMAIN

Un des enjeux principaux de la communauté de communes est de préserver la qualité paysagère des espaces naturels et bâtis qui en font l’un des vecteurs d’attractivité principale ainsi qu’un des piliers de la qualité du cadre de vie. Cet enjeu est pleinement assumé par la charte du PNR pour les communes qui s’y trouvent mais doit être assumé par l’intercommunalité pour les autres. Dans un territoire dont l’énorme majorité des déplacements se fait en voiture, cela passe notamment par la promotion des modes de déplacements doux et l’amélioration de l’accès au train et des services en gare.

La communauté de communes à tout intérêt à développer les dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprises ou au modes alternatifs de travail. Les activités de tourisme de loisirs auront à être soutenues pour maintenir la vitalité du territoire.

Enfin une attention particulière à la mixité sociale serait à envisager, en lien notamment avec le vieillissement de la population.

[1] Tiers lieu : Lieu qui se distingue des deux principaux que sont le domicile et le travail. Nouvel espace de travail et de production, il accueille de plus en plus d’indépendants, en privilégiant un travail nomade, à distance et collaboratif.

Date de mise à jour : Mars / 2018

Contact IAU sur ce territoire : laurent.perrin@iau-idf.fr, lina.hawi@iau-idf.fr.

Provinois

UN PATRIMOINE ET DES RESSOURCES À PRÉSERVER ET À VALORISER

Créée en 2013, la communauté de communes du Provinois est issue de la fusion des communautés de communes de la Guilde Economique Rurale de la Brie Est, et du Provinois étendu à la commune de Chalautre-la-Grande. Elle regroupe 40 communes et comprend 34 483 habitants en 2013 sur un peu plus de 62 900 hectares. Provins, capitale historique, siège de la communauté et sous-préfecture du département de la Seine-et-Marne représente à elle seule plus du tiers de la population communautaire avec près de 12 000 habitants.

Provins, vue aérienne depuis la ville basse et ses remparts. © DRIEA/ GUIHO

Situé à l’extrême est de la Seine-et-Marne, le territoire jouxte les départements de la Marne et de l’Aube et le PNR en projet Brie et 2 Morins. Avec un paysage de plateaux agricoles faiblement boisés à l’exception des forêt domaniales de Jouy et de Sourdun, le territoire est caractérisé par un semis de petites villes, de hameaux et de fermes très peu interrompu par les infrastructures.

La ville de Provins, cité médiévale fortifiée inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO se situe au cœur de l’ancienne région des Comtes de Champagne. Témoignage des premiers développements des foires commerciales internationales et de l’industrie de la laine, la ville a su préserver jusqu’à aujourd’hui sa structure urbaine et présente un pôle touristique d’importance à l’échelle francilienne. En tant que chef-lieu, Provins a concentré la croissance démographique, exception faite de la dernière décennie. Le développement urbain s’est ainsi réalisé en majeure partie au sud du territoire, le long des vallées menant à Provins (la Voulzie, le Durteint) et dans les nombreux villages isolés reliés par la RN4, la RD 231, l’ex N19 (aujourd’hui la D619). Le territoire est ainsi structuré par la ville centre de Provins, ses bourgs relais auprès desquels se rattachent les hameaux et écarts. Il est desservi par le Transilien ligne P qui relie Provins à Paris Est, et un réseau réduit de bus locaux.

La Vallée de la Voulzie. © M. Pruvost-Bouvattier / IAU îdF

La Brie provinoise présente un patrimoine et des ressources naturelles remarquables et indispensables pour le fonctionnement de la région : espaces agricoles et paysagers préservés, nappes phréatiques, calcaires lacustres pour granulats, argiles, etc. Le territoire bénéficie d’un patrimoine historique avec lequel il a su développer une activité touristique d’importance, le site de Provins comptabilisant plus d’un million de visiteurs par an. L’urbanisation parfois diffuse et dispersée sur certaines communes au nord du territoire contraste avec les atouts fonciers, de desserte et d’attractivité plus au sud (N19, axe ferroviaire, classement UNESCO de Provins …). Toutefois, le niveau de revenus de la population est souvent faible, l’offre d’emploi local très réduite, ce qui explique des migrations pendulaires de plus en plus longues.

Les acteurs ont réfléchi et œuvrent de longue date à l’aménagement et la valorisation du territoire. Les enjeux de désenclavement, de développement économique et touristique ou de logement ont ainsi été abordés à une échelle large en 2006 dans le cadre du projet de SCOT du Pays du Grand Provinois. Pour aider les artisans, les commerçants et les professions libérales, le secteur bénéficie du dispositif des Zones de Revitalisation Rurale dans 18 communes. De concert avec la commune de La Ferté-Gaucher et la CC de Coulommiers et du Pays Fertois, le territoire a été labellisé en 2007 en tant que Pôle d’excellence rurale pour sa mise en œuvre touristique et cinématographique. Provins, du fait de son statut de ville centre et de son dynamisme touristique et économique, tient à garantir la coordination des infrastructures d’accueil pour le public, une offre foncière économique à l’adresse des entreprises, et la construction de logements pour la population dans le cadre, notamment, de la ZAC du Provinois.

La mise en cohérence des atouts locaux du territoire et leur participation à l’équilibre du Bassin parisien reposent sur la pleine intégration du pôle d’importance régionale de Provins dans le bassin de déplacement de Provins – Nogent-sur-Seine, ainsi que sa complémentarité avec le pôle de Nangis.

La redynamisation à la fois rurale et urbaine, notamment le développement des pôles de centralité bien desservis, le maintien de l’activité agricole et d’une offre urbaine adaptée et de qualité pour la population, participeront à l’équilibre régional. Le secteur est concerné par une valorisation de la continuité écologique majeure nord-sud du grand est francilien, le maintien de la pénétrante agricole boisée Provins-Nangis, ainsi que par la liaison écologique de la vallée de la Voulzie. La préservation de ressources naturelles d’échelle régionale des nappes phréatiques ou des gisements calcaires, voir nationale ou européenne des gisements d’argiles kaoliniques, sont autant d’éléments contribuant au fonctionnement durable de la région.

ENJEUX POUR DEMAIN
Le territoire du Provinois devra répondre à plusieurs objectifs majeurs et complémentaires entre eux. La maîtrise du développement urbain requiert de mettre en cohérence le maillage territorial en termes d’urbanisation et d’infrastructures. Le renforcement de l’attractivité de la ville centre devra s’accompagner de celui des centralités relais des bourgs. La création de zones d’activités, d’hôtel d’entreprises et de développements mixtes, nécessite aussi d’être concertée par l’ensemble des acteurs afin d’éviter l’éparpillement et la non visibilité actuelle de certains secteurs. L’activité touristique doit, en appui, rechercher les synergies intéressantes – dont certaines se développent déjà – avec l’identité rurale du territoire et le maintien de son activité agricole. L’adaptation et l’accessibilité des équipements et services pour la population, le développement d’une économie résidentielle et de services, notamment à la personne, et la densification du très haut débit, sont des enjeux qui restent à organiser durablement.

Contact IAU sur ce territoire : victor.said@iau-idf.fr

Pays Houdanais

UN CADRE DE VIE EXCEPTIONNEL

Le Pays Houdanais est une communauté de communes (CC) située à cheval sur deux départements, les Yvelines et l’Eure-et-Loir. Créée en 1997 et initialement constituée de 10 communes, la Communauté de Communes du Pays Houdanais (CCPH) a vu son périmètre se modifier tout au long des années 2000 pour finalement accueillir 36 communes au 1er Janvier 2015, dont 4 dans le département d’Eure-et-Loir.

Bien que l’on y retrouve des traces remontant à l’Antiquité, la région de Houdan se peuple essentiellement à partir du Ve siècle. L’histoire du Pays Houdanais se dessine réellement dès le XIIème siècle avec la construction du donjon de Houdan, place stratégique de défense lors des nombreuses guerres contre le roi d’Angleterre. Houdan devient une place commerçante importante de l’Ouest.

Vue depuis le donjon de la ville de Houdan. © Ville de Houdan

La communauté est desservie par la RN 12, épine dorsale allant de Paris à la Bretagne, en passant par Versailles et  Dreux, et la RD 983, qui la traverse du Nord au Sud en la reliant à Mantes-la-Jolie et Maintenon. Elle accueille trois gares SNCF (Houdan, Tacoignières-Richebourg et  Orgerus-Behoust), qui la relient à la gare de Paris-Montparnasse. Avec une croissance démographique supérieure à la moyenne départementale (+15% de 1999 à 2012), la population de plus de 29 500 habitants se répartit sur un espace de 293 km², dans un habitat pavillonnaire, regroupé dans un réseau de petits villages ruraux ou bourgs. La densité de population est de 100 hab/km², et correspond à la moyenne des départements de grande couronne.

Ancrées dans leur terroir, ces communes s’articulent autour de Houdan, véritable pôle de centralité, unique à l’échelle du territoire en termes d’équipements, d’activités économiques, de tissus associatifs et de services. Carrefour routier et porte d’entrée d’Ile-de-France, Houdan accueille l’un des plus vieux hôpitaux locaux de France (créé en 1693), pôle de référence nationale pour les services de santé en milieu rural et les services de prise en charge des personnes âgées, qui permet à la CC d’être relativement autonome vis-à-vis des autres pôles urbains. Houdan est par ailleurs la commune qui affiche le taux de chômage le plus bas de France (4,6%). En outre, le Pays Houdanais, reconnu comme pôle d’excellence de services en milieu rural, a fait l’objet d’un contrat de développement équilibré signé avec le Conseil Général des Yvelines.

Rosay – cours d’eau privé dans la Vaucouleurs © S. Rossi, IAU îdF

Bien que soumis à une forte pression urbaine, le Pays Houdanais est l’un des espaces ruraux préservés du bassin parisien, avec une activité agricole dynamique. Sa qualité de vie et son attractivité sont liées à la qualité de son environnement, marqué par une mosaïque de paysages. Constitué des bassins versants de la Vesgre amont et de la Vaucouleurs (respectivement alimentés par 5 et 4 cours d’eau) qui exposent le territoire à des risques d’inondations et de gonflements ou retraits des argiles, il fait l’objet d’un programme de gestion et de préservation des milieux aquatiques et plus largement d’un programme d’action paysagère et de protection de l’espace.

Le Pays Houdanais est un territoire riche en interactions sociales, avec environ 230 associations qui contribuent à son animation. Le territoire est doté de plusieurs documents stratégiques de planification surtout liés au patrimoine paysager et hydraulique, mais ne dispose pas de SCOT. Ses deux stratégies phares sont de développer les services à la population directement en prise avec les besoins des personnes et assurer un développement équilibré et solidaire du territoire.

Houdan est reconnue comme un pôle de centralité à conforter et un bassin de déplacement par le SDRIF, dans un espace rural dynamique entre secteur d’extension urbaine et frange francilienne agricole. L’urbanisation opérée sur le pays Houdanais s’effectue en veillant à un effort de construction équilibrée de logements et en privilégiant l’intensification urbaine dans des secteurs spécifiques, tout en préservant les richesses environnementales et patrimoniales, dans le cadre d’un développement durable et responsable.

ENJEUX POUR DEMAIN
La CCPH doit limiter son étalement urbain et éviter le mitage des terres agricoles tout en diversifiant son offre de logements, collectifs comme individuels. Ce territoire doit renforcer d’avantage son articulation autour de la polarité structurante de Houdan et favoriser l’émergence des pôles secondaires (Orgerus, Septeuil), en diversifiant les modes de déplacements vers ces centralités. Enfin, le Pays Houdanais doit maintenir l’activité agricole en la structurant et en la diversifiant, tout en ménageant ses réserves hydrauliques et plus généralement ses richesses naturelles remarquables.

Date de mise à jour : février / 2017

Contact IAU sur ce territoire : cecile.diguet@iau-idf.fr ; audrey.gauthier@iau-idf.fr

 

 

 

Gally Mauldre

POLARISER LE DÉVELOPPEMENT, PRÉSERVER LES ESPACES OUVERTS

Créée en 2013, la communauté de communes Gally-Mauldre regroupe 11 communes : Andelu, Bazemont, Chavenay, Crespières, Davron, Feucherolles, Herbeville, Mareil-sur-Mauldre, Maule, Montainville et Saint-Nom-la-Bretèche. Elle compte 22 000 habitants, essentiellement concentrés sur deux pôles, Saint-Nom-la-Bretèche et Maule. Situé au cœur de la Plaine de Versailles et traversé par la vallée de la Mauldre, ce territoire agricole et forestier de 96 km² est très largement préservé. Il se situe à proximité des OIN Seine Aval au nord et Paris Saclay au sud-est, et du PNR de la Haute Vallée de Chevreuse plus au sud.

Vue depuis Feucherolles sur la plaine de Chavenay. © C. Legenne, IAU îdF

La structure du territoire, constitué d’espaces agricoles et forestiers et de bourgs dispersés date de l’époque gallo-romaine. Elle est confortée entre le Xème et le XIIIème siècle, sous l’impulsion des grands monastères qui organisent sa mise en culture. Plus récemment, l’arrivée du chemin de fer et du tramway au XIXème, puis de l’autoroute A13 au XXème siècle vont entrainer d’importants bouleversements dans le fonctionnement et le développement du territoire en le rapprochant de Paris. Son caractère résidentiel s’affirme encore à partir des années 60, avec le développement de plusieurs lotissements. Aujourd’hui, le territoire est structuré par la RD307 qui forme une colonne vertébrale dans le sens est-ouest, et les RD191, 30 et 98 qui le traversent dans le sens nord-sud.

Le patrimoine paysager constitué par la Plaine de Versailles, le Plateau des Alluets, le ru de Gally, les bois et les forêts est d’une grande qualité. Cependant, de fortes pressions urbaines s’exercent sur ces espaces, en particulier pour développer du logement. Déjà fortement résidentiel, le territoire est majoritairement composé de maisons individuelles. Il accueille des habitants plutôt aisés par rapport à la moyenne régionale et compte peu de logements sociaux, quasiment tous concentrés à Maule. L’économie locale est essentiellement agricole. En raison de la faiblesse des transports en commun, l’utilisation de la voiture pour rejoindre les pôles d’emploi de Paris-La Défense ou Saint-Quentin-en-Yvelines y est importante.

Le territoire, par le biais d’un SCoT approuvé le 4 février 2015, a mis en place une stratégie de développement qui articule trois volets :

  • La préservation paysagère et environnementale par une limitation des extensions urbaines, le maintien de coupures d’urbanisation, la valorisation des lisières et la protection des cônes de vue,
  • La valorisation économique du territoire par l’ouverture à l’urbanisation de 20 hectares dédiés aux activités répartis sur l’ensemble du territoire,
  • Le renouveau résidentiel par la réalisation de 1 500 logements supplémentaires sur 20 ans, localisés principalement dans les communes de Maule et Saint-Nom-la-Bretèche.

Il est également prévu de favoriser la desserte en transports en commun et modes actifs des développements urbains à venir.

Le Ru de Gally à Chavenay. © H. Salomé, WC

Le SDRIF identifie le territoire Gally-Mauldre comme étant prioritairement un espace agricole et boisé à préserver et à valoriser, qui devra concilier maîtrise de l’urbanisation, développement économique et préservation de ses espaces. Dans ce territoire majoritairement rural de la ceinture verte, le pôle principal, Maule, est repéré comme pôle de centralité dans le SDRIF et pôle d’appui dans le Schéma Départemental d’Aménagement et de Développement Equilibré des Yvelines.

ENJEUX POUR DEMAIN
Le territoire de Gally-Mauldre devra répondre au double objectif d’accueillir de nouvelles populations et activités et de protéger ses espaces agricoles et naturels.

Les développements urbains devront donc être polarisés, particulièrement sur Maule, maîtrisés, et se faire pour l’essentiel dans le tissu urbain existant en limitant les extensions urbaines et en évitant le mitage et le morcellement des espaces agricoles et naturels.

Contact IAU sur ce territoire : cecile.diguet@iau-idf.fr ; audrey.gauthier@iau-idf.fr

L’Orée de la Brie

UN PÔLE SECONDAIRE À PRÉSERVER

La nouvelle Communauté de communes de l’Orée de la Brie est le résultat de l’élargissement du groupement précédent (Brie-Comte-Robert, Chevry-Cossigny, Servon) à Varennes-Jarcy, jusque-là membre de la Communauté de communes du Plateau Briard. Le territoire compte ainsi 25 800 habitants sur près de 5000 hectares. Aux portes de la Métropole du Grand Paris, il ouvre l’agglomération parisienne sur les grands espaces de la Brie rurale, avec la vallée de l’Yerres, la vallée du Réveillon, la forêt domaniale d’Armainvilliers.

Sa situation à mi-chemin entre les pôles de Marne-la-Vallée et Sénart et sa desserte par des axes routiers importants – RN 19 traversant Brie-Comte-Robert et RN 104 (liaison nord-sud de la Francilienne) – lui confèrent une position intéressante dans l’espace régional, notamment en termes de développement économique. Bien que ne disposant pas de desserte ferroviaire directe, le territoire bénéficie de la proximité des gares de Combs-la-Ville (RER D), Ozoir-la-Ferrière (RER E) et Boissy-Saint-Léger (RER A), et d’un réseau de bus assez structuré.

© DRIEA/ GUIHO

Exception faite de la ville de Brie-Comte-Robert, capitale historique de la Brie française, le territoire est essentiellement rural, constitué jusqu’aux début des années 1970 de bourgs, villages et hameaux. La proximité de Paris et le développement des grandes infrastructures routières telles que la Francilienne ont entraîné la création de nombreux lotissements pavillonnaires construits autour des noyaux anciens, ainsi que le développement spontané ou concerté de zones d’activités le long de la RN19 et au sortir de la Francilienne. Après une baisse dans les années 80 et une reprise dans la décennie suivante, l’urbanisation s’avère quasi continue entre Brie-Comte-Robert et Servon, voire au-delà vers Santeny.

Le territoire présente ainsi un paysage contrasté entre la ville médiévale de Brie-Comte-Robert avec son ancien château, et les villages plus isolés avec leurs lotissements, la plaine agricole, l’axe économique de la RN19, les vallons de l’Yerres et du Réveillon très préservés, auxquels s’ajoute le Chemin des Roses – liaison douce centrale du territoire aménagée sur l’ancienne ligne de chemin de fer Bastille – Verneuil l’Etang.

Les axes de la RN19 et de la Francilienne contribuent à l’attractivité du territoire sur le plan économique, grâce aux zones d’activités de Brie-Comte-Robert et de Servon, qui présentent des conditions d’accueil, de desserte et une bonne visibilité commerciale pour les entreprises. Les quartiers résidentiels bénéficient d’un environnement de qualité. Toutefois ces développements économiques et résidentiels sont très dépendants du transport automobile. L’activité agricole, fortement orientée vers la production biologique, garantit et préserve les espaces naturels. Elle nécessite toutefois de s’engager dans l’adaptation de ses outils de production, notamment de son cadre bâti et de ses connections aux réseaux de déplacements, afin de pouvoir coexister harmonieusement avec les développements urbains.

Le patrimoine de Brie-Comte-Robert, ainsi que la richesse paysagère des vallées confèrent au territoire des qualités encore sous-exploitées en termes de tourisme et de loisirs.

Les trois communes regroupées dans l’ancienne Communauté de communes de l’Orée de la Brie, ont pu mutualiser depuis plus de dix ans leurs efforts pour bâtir un développement économique ambitieux répondant aux besoins des entreprises locales comme à celles du cœur d’agglomération : extensions, requalifications et désenclavement des zones d’activités, mise au point d’une offre foncière et immobilière adaptée. Les acteurs locaux ont redressé leurs documents d’urbanisme pour encadrer les extensions urbaines et privilégier une densification des tissus résidentiels, notamment par le comblement des dents creuses, ainsi que l’intensification des zones d’activités.

En réponse à la faible desserte en transports en commun du secteur, les objectifs actuels du territoire sont de promouvoir les modes de déplacements alternatifs à la voiture : réalisation d’un réseau de liaisons douces permettant de relier les communes et leurs quartiers résidentiels ou d’activités, et de se connecter au réseau structurant francilien, notamment la Tégéval et le Chemin des Roses. Le renforcement des transports locaux vers les pôles gares environnants fait par ailleurs l’objet de conventions avec le département, qui encourage aussi le développement du covoiturage.

© DRIEA/ GUIHO

Le territoire, constitutif de la Brie Centrale, participe à la dynamique importante du centre de la Seine-et-Marne. Brie-Comte-Robert est un pôle de centralité qui est amené à conforter son offre urbaine en termes de logements, d’équipements, de services et de mobilité, en équilibrant ses stratégies de renouvellement urbain avec ses potentiels d’extension. Par ailleurs, la plupart des potentiels d’extensions du territoire se concentrent le long de la RN19 sur la commune de Servon, afin de conforter les développements économiques existants.

La préservation d’un environnement naturel et agricole de qualité reposera sur la mise en cohérence des trames vertes et bleues avec des liaisons agricoles et forestières sur Servon et Varennes-Jarcy, ainsi que sur la valorisation du réseau de circulations douces en tant que support de liaisons écologiques, en particulier sur l’axe du Chemin des Roses. L’ensemble de ces actions permettra ainsi la constitution d’un bassin de vie attractif et équilibré aux portes de la métropole.

ENJEUX POUR DEMAIN
Le territoire doit relever un certain nombre de défis afin de ne pas se fragiliser. Dans l’environnement de la RN19, où se concentrent de nombreux projets d’extension commerciales et artisanales, un aménagement plus qualitatif est à réaliser par la requalification et l’optimisation des espaces urbains existants. L’intensification urbaine des bourgs ne pourra trouver sa pleine mesure qu’en étant accompagnée d’un développement des déplacements alternatifs à la voiture et des circuits courts : liaison village de Servon / secteur Jarrie-Croix-Blanche, liaison inter-quartiers est-ouest à Chevry-Cossigny, partage multimodal de la voirie à Varennes-Jarcy. La situation privilégiée du territoire fortement influencée par une population urbaine désireuse de profiter d’un cadre rural est un atout qu’il convient de relever. Le milieu agricole, acteur important du territoire et très avancé sur la production biologique, pourrait aussi faire des propositions intéressantes sur les modes de circulation de ses produits notamment maraichers. Enfin, le territoire doit aussi relever le défi du tourisme et des loisirs, en profitant de ses nombreux attraits.

Contact IAU sur ce territoire : yann.watkin@iau-idf.fr

Vallée de l’Oise et des Trois Forêts

UN CADRE EXCEPTIONNEL, DES SYNERGIES À CRÉER

Cette nouvelle communauté de communes se compose de 9 communes issues de la fusion de la CC de la Vallée de l’Oise et des Trois Forêts et des deux communes de Mériel et Méry-sur-Oise, issues de la CC de la Vallée de l’Oise et des Impressionnistes. Elle compte 38 000 habitants en 2012, 8 500 emplois et son territoire s’étend sur 75 km², essentiellement en rive gauche de l’Oise. Elle est caractérisée par la présence des trois forêts de l’Isle Adam, de Montmorency et de Carnelle, de l’Oise, de vallons agricoles de grande qualité, dont la partie ouest du vallon classé de Chauvry. L’urbanisation, très résidentielle, est quasi continue le long de l’Oise.

Vue aérienne vers Saint-Ouen l’Aumone et Méry-sur-Oise. © DRIEA/GOBRY

Longtemps resté à l’écart des grands axes de circulation, ce territoire a conservé une importante composante rurale et forestière, avec la présence de plusieurs parcs et châteaux, comme à Méry-sur-Oise ou à Stors, ou encore l’ancienne abbaye du Val à Mériel. A partir du XIXe siècle et avec l’arrivée du chemin de fer, les bords de rivière vont constituer des lieux de villégiature et leurs paysages inspireront les peintres impressionnistes. Au cours du XXe siècle, l’urbanisation se développe autour des gares, à partir des noyaux villageois et par lotissements de grands parcs, de façon quasi continue le long de l’Oise, plus discontinue le long des vallons comme à Chauvry ou à Presles. Les espaces économiques sont aujourd’hui peu développés, mais on note le Centre Commercial Carrefour à L’Isle-Adam et pour le tourisme, le golf et la plage de L’Isle-Adam. Le secteur accueille aussi l’usine des eaux de Méry-sur-Oise. Il est desservi par l’A 16 et la Francilienne – deux axes majeurs du réseau national, ainsi que par deux lignes du Transilien le reliant à Paris Gare du Nord et à Pontoise.

Ce territoire bénéficie de la grande qualité de son environnement naturel et urbain, de la proximité des pôles de développement de Roissy et de Cergy-Pontoise et de sa bonne connexion au réseau routier magistral. Ses faiblesses sont essentiellement liées à l’encombrement de la voirie le long de l’Oise et lors des traversées de rivière, au caractère peu performant des liaisons ferrées avec Paris et au faible taux d’emploi. Les centres villes sont peu développés et l’ensemble est dépendant des autres grandes polarités urbaines proches, notamment Cergy-Pontoise. Enfin, le tissu urbain souvent étiré le long des axes routiers est de qualité inégale.

Les acteurs du territoire œuvrent à la préservation et à la valorisation du cadre de vie et du caractère exceptionnel de leurs milieux naturels et paysagers, à travers l’aménagement du Marais de Stors, la Charte environnementale du Vallon de Chauvry ou l’AVAP de L’Isle-Adam. Plusieurs projets sont en cours : le Port de plaisance de L’Isle-Adam, des logements dans les secteurs des Garennes et gare de Mériel, les Roches ou la Justice à Méry-sur-Oise. Le territoire développe peu de projets économiques, mais on note la partie nord de la ZAC des Epineaux à Méry-sur-Oise ou encore l’agrandissement de la zone des Garennes à Mériel.

Le territoire est partiellement couvert par les SCoT de la Vallée de l’Oise et des Impressionnistes, par celui de l’Ouest de la Plaine de France, par le PNR du Vexin Français et par le projet d’extension du PNR Oise Pays de France. Toutefois l’ancienne Communauté de Communes de la Vallée de l’Oise et des Trois Forêts ne s’était quant à elle engagée dans aucune démarche de type projet de territoire ou ScoT.

L’Isle Adam, pont du Cabouillet.

Ce territoire a une vocation régionale affirmée de préservation et de valorisation de ses grands espaces naturels et des grandes liaisons vertes régionales, et joue un rôle important dans l’aménagement de la Ceinture Verte Francilienne. Sa vocation touristique, de loisirs et de promenades est à confirmer, notamment à L’Isle Adam, et en synergie avec les autres pôles touristiques d’Auvers-sur-Oise ou de Royaumont. La valorisation de l’Oise et de ses berges est très attendue, de même que celle de son patrimoine urbain. Sa fonction d’accueil résidentiel de qualité est à développer, ainsi que la densification des tissus urbains autour de gares.

ENJEUX POUR DEMAIN
Ce territoire aura à mener à bien l’aménagement d’un véritable parc paysager et urbain de bord de l’Oise et à assurer sa place dans l’extension du PNR Oise Pays de France, en préservant et en valorisant ses grands espaces boisés et leurs complémentarités avec les espaces ouverts des vallons. Le développement de la dimension touristique et de loisirs sera essentielle. L’amélioration des mobilités en vue d’une réduction de la place de la voiture sera à organiser, en lien avec une amélioration urbaine des routes de bords de rivière et d’un renforcement de l’accessibilité aux équipements et services.

La Communauté de Communes aura à construire un projet de territoire faisant le lien avec les autres territoires voisins de long de l’Oise.

Contact IAU sur ce territoire : teodora.nikolova@iau-idf.fr

Les Portes Briardes entre Villes et Forêts

UN TERRITOIRE DE TRANSITION

La Communauté de communes des Portes Briardes entre Villes et Forêts est issue de l’élargissement du groupement existant en 2010 des communes de Férolles-Attilly, Gretz-Armainvilliers, Lésigny, Ozoir-la-Ferrière, avec l’arrivée en 2013 de Tournan-en-Brie. Le territoire compte aujourd’hui un peu moins de 50 000 habitants sur près de 6 750 hectares. Situé sur la frange ouest de la Seine-et-Marne, aux portes de la Métropole du Grand Paris, le territoire ouvre l’agglomération parisienne sur les espaces forestiers, agricoles et naturels de la Brie centrale (dont les forêts domaniales d’Armainvilliers et de Notre-Dame).

Sa situation à mi-chemin des pôles du Val d’Europe et de Sénart – Melun Val-de-Seine, la desserte de la Francilienne (RN 104) et de la RN 4, lui confèrent une position intéressante dans l’espace régional. Le territoire dispose par ailleurs d’une bonne desserte ferroviaire avec les trois gares RER E de Gretz-Armainvilliers, Tournan-en-Brie et Ozoir-la-Ferrière.

Lésigny – © Gobry, DRIEA

A l’exception de Tournan-en-Brie plus densément peuplée, l’occupation du territoire est historiquement homogène d’une commune à l’autre selon des « clairières culturales » gagnées sur la forêt autour et à partir des noyaux urbains villageois. L’arrivée du chemin de fer avec l’inauguration de la ligne Paris-Bâle, et le confortement des grands domaines, marquent l’arrêt des défrichements et le développement des zones urbaines sur les terres agricoles. Gretz-Armainvilliers et Ozoir-la-Ferrière enregistrent un peuplement qui progressivement rattrape celui de Tournan pour le dépasser à partir des années 50.

Le desserrement de l’agglomération parisienne à partir des années 60, l’électrification de la ligne en 1973, la relocalisation et le recentrage de la gare d’Ozoir,  le traitement de la N104 en voie rapide et le détournement au sud de la N4,  la mise en service du RER E dans les années 2000, accroissent sensiblement l’attractivité résidentielle des communes, notamment Ozoir-la-Ferrière et Lésigny dont le développement démographique est sans commune mesure avec les périodes antérieures.

Le territoire est ainsi marqué aujourd’hui par une urbanisation radiale est-ouest le long des axes historiques du RER et de la RN4 avec Ozoir-La-Ferrière et l’ensemble aggloméré de Gretz-Armainvilliers et de Tournan-en-Brie, une urbanisation plus diffuse et connectée sur la Francilienne à Lésigny, voire préservée et en retrait sur Férolles-Attilly, et des espaces naturels, agricoles et forestiers à la fois très importants et de grande qualité.

Le territoire bénéficie globalement d’une bonne desserte routière et ferroviaire, voire des atouts intéressants en termes de multimodalité rail-route pour le développement économique. Le réseau des transports en commun nécessite toutefois des ajustements et des accompagnements et la voirie de développer des liaisons interquartiers cohérentes. Les infrastructures fractionnent cependant le territoire et, du fait de développements successifs peu connectés, l’urbanisation se caractérise par une juxtaposition d’ensembles urbains fortement générateurs de déplacements automobiles. Les tissus résidentiels proposent en revanche une mixité fonctionnelle intéressante, voire attractive, que d’autres territoires plus centraux ne peuvent pas ou plus assurer.

L’offre urbaine, bien que satisfaisante en matière d’équipements et de services, s’avère peu diversifiée en termes de logements pour répondre à la demande sociale, face au ralentissement de la conjoncture et à la difficile mobilisation foncière pour un usage résidentiel.

La très forte présence des  espaces naturels et agricoles, comme celle des espaces verts au sein des tissus urbains, constitue un atout important au niveau de l’environnement et du cadre de vie des habitants. Elle participe à l’attractivité régionale avec des équipements d’envergure tels que le parc zoologique de Férolles-Attilly, l’arboretum de Gretz, ou encore les golfs de Lésigny, de Chevry-Cossigny et d’Ozoir-la-Ferrière. Cependant, la contrainte à l’urbanisation qui en résulte ne semble pas avoir trouvé de réponses adaptées en termes de densités et de valorisation foncière pour assurer un certain équilibre localement.

Ozoir-la-Ferrière – © Gobry, DRIEA

Avec des liens fonctionnels existant depuis 2006, le territoire a su accompagner les projets relevant de la compétence intercommunale tels que le renouvellement ou l’extension urbaine des secteurs économiques, l’aménagement des mobilités via l’amélioration des transports en commun et le développement des aménagements cyclables.

Les communes de Férolles-Attilly, Lésigny et Ozoir-la-Ferrière, dans le cadre du SCoT Frange Ouest du Plateau de la Brie (FOPB), se sont ainsi fixé des objectifs communs en matière de développement économique, de programmation urbaine et de valorisation du cadre de vie et de l’environnement. L’équilibre emploi/habitat est diversement recherché : soit par une mixité à l’échelle de l’opération (secteur en projet de Maison Blanche à Lésigny), soit à l’échelle du quartier ou de la ville, par la diversification de l’offre résidentielle en renouvellement urbain (secteur gare à Ozoir) ou en extension urbaine (secteur en projet des Graimpériaux ou de l’Orme Maroto à Férolles-Attilly), ou par des extensions à vocation économique (Zac Gilbert Pillet à Gretz-Armainvilliers ou Zac de la Terre Rouge à Tournan).

La recherche d’une attractivité touristique n’est pas en reste avec la valorisation des loisirs, du sport et de l’hôtellerie dans la vallée du Réveillon, ou la préservation de l’environnement et des massifs forestiers.

Dans le SDRIF, le territoire est à la charnière de l’agglomération centrale (Lésigny, Ozoir-la-Ferrière), de l’agglomération des pôles de centralité (Tournan, Gretz-Armainvilliers) et des bourgs, villages et hameaux (Férolles-Attilly). De ce positionnement,  il est attendu qu’il puisse, à travers l’optimisation de ses tissus urbains et la polarisation de ses développements, participer autant à la densification de l’agglomération centrale qu’au renforcement de la polarité de vie et d’emploi à ses portes d’un bassin de vie de l’espace rural.

ENJEUX POUR DEMAIN
Au niveau développement économique, le confortement de la polarité de Tournan-en-Brie doit pouvoir s’appuyer sur les nouvelles filières (industries durables, innovation numérique, développement de productions locales) créatrices d’emplois et de progrès écologique et social. Le secteur sud de la RN4 sur Ozoir-la-Ferrière, en tant que site d’activité à restructurer et densifier, est par ailleurs censé participer à la valorisation au niveau régional d’un pôle logistique principal allant vers l’est jusqu’au Val Bréon.

Du fait de sa position au cœur de l’arc boisé, le territoire doit aussi contribuer à la protection et la valorisation des espaces naturels, garantir la continuité écologique majeure passant à l’est de l’agglomération centrale, et participer à la limitation de l’urbanisation de cette dernière.

Afin de rééquilibrer habitat et emploi, le territoire est amené à investir dans l’environnement de la RN4 et celui des gares : meilleur maillage du réseau viaire pour faciliter la desserte et le rabattement sur les gares, programmation des opérations avec une offre de logements adaptée et modulable en fonction des besoins de la population, et privilégiant une alternative en termes de densification grâce à la production de logements intermédiaires respectueux de la demande d’intimité et répondant plus globalement à la qualité du cadre de vie des habitants. Les extensions programmées à vocation habitat ou mixte devront favoriser une plus grande mixité, et dans le cas des développements économiques, privilégier dans leur conception la mutualisation et la mutation des usages pour permettre leur adaptation dans le temps.

En termes d’attractivité touristique, certains objectifs du SCoT FOPB peuvent être relevés comme étant toujours d’actualité et transposables à l’ensemble du territoire : confortement de l’offre de loisirs, renforcement de l’accueil en hébergement et en restauration, valorisation patrimoniale, développement des circulations douces, préservation et ouverture des espaces naturels, notamment boisés.

Date de mise à jour : mars / 2017

Contact IAU sur ce territoire : yann.watkin@iau-idf.fr

Bassée Montois

UN TERRITOIRE AUX NOMBREUSES RESSOURCES EN QUETE D’IDENTITE

Crée en 2014 suite à la fusion des Communautés de Communes de la Bassée et du Montois, elles-mêmes issues du « Pays Bassée Montois » premier Pays  d’Île-de-France, la communauté de communes Bassée-Montois  (CCBM) comprend 42 communes et rassemble presque 24 000 habitants en 2015 sur un peu plus de 42 300 hectares. Donnemary-Dontilly et Bray-sur-Seine où sont localisés respectivement les sièges social et administratif sont les polarités locales d’importance de l’armature territoriale est structurée avec les pôles seine-et-marnais de Provins et de Monterau-fault-Yonne ainsi que celui de de Nogent-sur-Seine.
Situé à l’extrême est de la Seine-et-Marne, au contact des départements de l’Aube et de l’Yonne, le territoire est ainsi au carrefour de l’Île-de-France, de la Bourgogne-France-Comté et de la Champagne-Ardenne.

S’il connait une faible polarisation urbaine, trois entités géographiques le caractérisent : au nord la plaine agricole et boisée de la Brie, plus densément peuplée et marquée en son centre par la vallée de la Voulzie reliant du nord au sud le provinois à la Seine ; la vallée de la Seine qui traverse le territoire d’est en ouest et présente un vaste réseau hydrographique composé d’exploitations de la ressource alluvionnaire et de milieux naturels de qualité ; et enfin la plaine de Champagne, crayeuse et majoritaire dévolue à l’agriculture, sans boisements et beaucoup moins urbanisée.

Bray-sur-Seine © DRIEA/GUIHO

Historiquement le territoire a connu une progressive et lente baisse démographique de la fin du XVIIIème siècle jusqu’à la fin de la 1ère guerre mondiale. Bray-sur-Seine est alors la polarité principale au regard des autres communes. La révolution industrielle et la mise en service du chemin de fer ne semblent pas influencer outre mesure le territoire. C’est à partir de l’entre-deux-guerres qu’un premier fléchissement s’observe avec une lente remontée démographique. Il faut cependant attendre les années 50 pour retrouver les peuplements du début du XIXème siècle. Phénomène général au niveau national, lié en partie au déploiement de l’agriculture intensive, doublé localement à partir des années 60 par le développement de l’industrie du granulat, cet essor est implicitement lié aux grands travaux réalisés alors en amont pour maîtriser les crues de la Seine et protéger l’agglomération parisienne. Le barrage réservoir sur Troyes, puis la création du canal 3000 tonnes de Montereau et la Grande Bosse permettent de drainer et réguler les eaux, privilégiant la culture au pâturage sur les anciennes prairies favorisant ailleurs l’exploitation des ressources alluviales. La démographie de Donnemary-Dontilly explose alors pour dépasser celle de Bray-sur-Seine dans les années 90. Il faut attendre la moitié des années 70 pour voir les communes très rurales et faiblement peuplées enregistrer une évolution positive, Gouaix et Montigny-Lencoup polarisant cependant les peuplements. Si cette évolution agricole et industrielle se réalise au détriment des équilibres naturels en détruisant ou fragilisant les milieux et les écosystèmes, le territoire a su s’organiser et profiter des politiques de conservation de la nature pour mettre en place des dispositifs de protection et développer des pratiques d’aménagement durables. Les projets du canal à grand gabarit et des grands casiers pour le stockage des crues réinterrogent cependant aujourd’hui l’équation aux niveaux spatial, fonctionnel et organisationnel, vis-à-vis d’un milieu naturel, urbain, et humain, confronté par ailleurs aux évolutions générales du monde rural.

Les axes de déplacements de l’autoroute A5 et du chemin de fer (gare de Longueville, ligne P des transiliens, Paris-Troyes intercités et ligne 4 des TER Champagne-Ardenne), compte-tenu de leur localisation et des distances locales, rendent l’accessibilité difficile du territoire depuis l’agglomération parisienne et favorisent la proximité avec les bassins de Nogent-sur-Seine, Provins et Montereau-Fault-Yonne. L’absence de ville centre, la faible polarisation interne face aux pôles urbains et aux bassins d’emplois environnants, la dissémination de surcroît des équipements, rendent le territoire très dépendant de la voiture, fragilisant d’autant plus une population à la fois vieillissante et à faible niveau de qualification. L’affaiblissement de l’armature commerciale s’en ressent, et la faible diversification de l’offre de logements ne permet pas de maintenir un dynamisme démographique suffisant via la production de logements de petite taille et/ou accessibles à destination des jeunes.

L’absence de site remarquable comme à Provins ou Fontainebleau et la faible structuration de l’offre touristique fait que l’activité économique reste aujourd’hui majoritairement soutenue par les exploitations agricoles et forestières, l’exploitation des granulats et les industries de transformation.

J.-C.Pattacini / Urba Images / © IAU îdF

Le territoire bénéficie cependant d’atouts avec une faune et une flore exceptionnelles, un patrimoine certes plus discret mais non négligeable. Les projets d’aménagements liés aux risques et à la gestion des inondations, ou encore au trafic fluvial, l’amènent à réinterroger son avenir, stimuler les réponses à apporter, et favoriser les moyens pour parvenir à les réaliser. Une des forces du territoire reste à ce niveau la forte et confirmée coopération intercommunale et le dynamisme des acteurs notamment au niveau associatif sur lesquels s’appuyer.

Les acteurs du territoire ont appris de longue date à travailler et collaborer ensemble. Les communes, associées avec le département dans le cadre d’un Contrat Départemental de Développement Durables (C3D), ont depuis 2011 défini un projet de territoire. Les orientations et les actions qui en découlent portent sur le renforcement de l’attractivité économique (notamment l’aménagement de la ZAE du parc de Choyau), la valorisation touristique du territoire (offre de loisirs) identifié depuis le CPER 2000-2006 comme pôle régional de développement touristique, et sur l’amélioration du cadre de vie des habitants (santé, petite enfance, logement des personnes âgées, offre culturelle et préservation patrimoniale). Afin de poser plus clairement la mise en place du PPRI d’Ile-de-France, un « cahier d’acteurs » a été rédigé concernant la construction des casiers de rétention des eaux de crues, l’évaluation des préjudices pouvant en résulter et en contrepartie celle des compensations nécessaires. Le territoire est par ailleurs concerné par mise à grand gabarit du canal de la Seine jusqu’à Bray puis Nogent. Profitant, grâce à la notoriété du projet Seine-Nord, d’importants financements européens, ce projet vise à améliorer l’accès aux ports de l’axe Seine (enquête publique prévue en 2018 et DUP en 2019). Parallèlement l’électrification de la ligne SNCF Paris-Troyes, prévue pour 2021 de Gretz à Nogent-sur-Seine et sur la branche Longueville-Provins, comme le confortement de la D412 avec l’ouverture souhaitée d’un double échangeur sur l’autoroute A5 à la hauteur de Serbonnes (Yonne) devraient sensiblement permettre l’amélioration de la desserte du territoire. Enfin des itinéraires inter- et intrarégionaux de véloroutes sont étudiés en amont de Fontainebleau – notamment la branche Saint-Mammès / Montereau / Canal de Bourgogne / Sens – avec lesquels doivent correspondre les accompagnements de l’aménagement hydraulique de la Bassée.

En tant que partie prenante du territoire d’intérêt métropolitain Monterau Seine et Loing, le Bassée-Montois doit conforter la polarisation du sud seine-et-marnais et jouer pleinement son rôle de porte d’entrée sud-est de la région Île-de-France à l’échelle du Bassin parisien. Territoire rural, les bourgs, villages et hameaux qui le composent sont tenus de se développer modérément afin d’éviter l’étalement urbain. Deux pôles de centralité sont à conforter cependant : celui Donnemarie-Dontilly et celui de Mouy-sur-Seine, Mousseaux-lès-Bray et Bray-sur-Seine, cette dernière commune ayant par ailleurs une capacité supplémentaire de polarisation avec un secteur d’urbanisation préférentielle.  Le territoire étant de fait peu contributeur en matière de construction de logements à l’échelle régionale, c’est à partir de cette armature urbaine mais aussi des polarités extérieures que sont Provins, Nogent-sur-Seine, Montereau-Fault-Yonne et Nangis que l’organisation globale de l’offre urbaine est attendue pour répondre aux besoins des habitants. Il s’agit en effet de garantir la mixité sociale et fonctionnelle et d’éviter les déplacements pendulaires importants contribuant ainsi à l’équité territoriale francilienne.

La desserte par les réseaux de transports, le renforcement et la fiabilisation du réseau ferré au nord, et du réseau routier principal avec l’A5 au sud, devraient ainsi améliorer sensiblement l’accessibilité du territoire et permettre de structurer et organiser les bassins de déplacements de Provins et Nogent-sur-Seine au nord-est et de Montereau-Fault-Yonne au sud-ouest.

Participant pleinement à l’arc sud de biodiversité allant de la Bassée à la vallée de l’Epte,  le territoire, notamment l’écosystème local de la Seine, est à préserver. Cet intérêt d’échelle régionale voire nationale, compte-tenu de la forte sensibilité aux conflits d’usage de cette partie du territoire, appelle à mettre en compatibilité et synergie les réponses à apporter face aux enjeux souvent contradictoires d’expansion et de régulation des crues de la Bassée, de préservation de  l’accessibilité à la ressource alluvionnaire et de l’agriculture, d’amélioration des performances du trafic fluvial, ou de préservation du cadre de vie des habitants.

ENJEUX POUR DEMAIN
Le Bassée-Montois est un territoire dont l’enjeu majeur est la cohabitation et l’évolution équilibrées de ses différents usages et fonctions. Avec une faible polarisation urbaine, des possibilités d’extension très limitées et un environnement naturel exceptionnel et protégé, tout développement convoque les acteurs locaux à rechercher plus prioritairement peut être qu’ailleurs des solutions innovantes et durables socialement, économiquement et environnementalement. Le territoire présente en effet un environnement naturel et urbain fragile, confronté aux problématiques d’un périurbain où se croisent et se superposent des dynamiques parfois fort contradictoires : mutations rurales, projets infrastructurels, occupation industrielle, enclavement social et économique, détériorations environnementales, etc. L’objectif est de réussir à maintenir les activités économiques et industrielles nécessaires au développement du territoire, d’assurer la préservation d’une zone écologique sensible majeure, de répondre à la demande habitante et ses évolutions en matière d’habitat, d’équipements et de services, et développer de nouvelles pratiques de tourisme en corrélation avec  les ressources et les activités présentes.

Date de mise à jour : Mars / 2017

Contact IAU sur ce territoire : yann.watkin@iau-idf.fr

Sausseron Impressionnistes

L’ENVIRONNEMENT EXCEPTIONNEL DU VEXIN ET LE SITE D’AUVERS-SUR-OISE

Cette nouvelle communauté de communes est composée de 16 qui associent la CC de la Vallée du Sausseron et trois communes de la CC de la Vallée de l’Oise et des Impressionnistes. Elle compte près de 20 000 habitants en 2012, de l’ordre de 5 000 emplois et s’étend sur environ 130 km². Son territoire est tout entier inscrit dans le Parc Naturel du Vexin français dont il constitue avec Parmain, Champagne-sur-Oise et Ronquerolles, l’extrémité est. . Son paysage général de plateau agricole est creusé par la vallée du Sausseron et ses affluents, bordé par l’Oise dans sa partie sud, accueille l’émergence de la butte d’Epiais sur le plateau. Son urbanisation très résidentielle de bourgs ou villages de plateau ou de fonds de vallée devient très continue entre la rivière et les coteaux entre Auvers-sur-Oise et Butry-sur-Oise.

Vue aérienne de Sait-Ouen l’Aumone et de Ennery – © DRIEA, Gobry

Resté à l’écart des grands axes de circulation historiques de cette partie nord de l’Île-de-France, ce territoire a été concerné par un itinéraire secondaire de Paris à Dieppe passant par le pont d’Auvers. La ligne ferrée Paris Lille le dessert depuis la moitié du XIXème siècle et a favorisé l’attractivité des bords de rivière. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, les impressionnistes en ont peint les paysages, et assuré la renommée mondiale d’Auvers-sur-Oise. Le secteur est resté longtemps très rural et l’est encore pour l’essentiel, mais l’urbanisation s’est développée jusqu’à former aujourd’hui de grandes continuités résidentielles sur les bords d’Oise, et dans une moindre mesure dans la vallée aval du Sausseron. Sur le plateau, l’agriculture est prédominante ; les bois sont présents sous forme de remises sur le plateau et sont plus continus sur les coteaux et en fond de vallée. Les activités sont peu développées,  hormis à Ennery sur l’ancien site France Telecom.

Le territoire est traversé dans le sens nord-sud par la D927 reliant Pontoise à Beauvais et Amiens via l’A16 et par la D928 qui franchit l’Oise au pont d’Auvers. Dans la partie est qui longe l’Oise, trois gares du Transilien le relient à Paris, Pontoise, Persan ou Creil.

La principale force de ce territoire s’appuie sur la très grande qualité de son environnement paysager, urbain et architectural, qualité qui est protégée et valorisée dans le cadre du PNR. Le territoire bénéficie aussi de sa proximité avec pôle de Cergy-Pontoise, et de façon plus relative les grands pôles urbains et économiques du nord francilien, mais aussi de la reconnaissance mondiale d’Auvers-sur-Oise, pôle touristique incontournable dans son lien à l’Impressionnisme.

Ses faiblesses sont liées à son faible taux d’emploi et aux difficultés de circulation le long de l’Oise et dans sa traversée, ce qui pénalise son accessibilité aux réseaux routiers magistraux. Le taux d’équipements et de services est faible, et le paysage souffre de quelques points noirs, comme par exemple les lignes THT sur le plateau, l’extension de la nappe urbaine le long de l’Oise ou le mitage dans la vallée du Sausseron.

Les acteurs du territoire sont engagés, à travers leur adhésion à la Charte du PNR du Vexin Français, dans la préservation et la valorisation de leur cadre de vie et du caractère exceptionnel de leurs patrimoines, dans la promotion de développements agricoles, économiques et touristiques durables et dans des actions de dynamisation de la vie locale par le renforcement de l’offre de services de proximité. Le Parc a récemment été labellisé Pays d’Art et d’Histoire et on y recense plusieurs musées dont le Château d’Auvers ou celui de la Meunerie, et de nombreux artisans liés aux métiers d‘art sont présents. Parmi les projets, il faut citer celui des Perruchets sur les hauts d’Auvers-sur-Oise, à vocation de logements et d’accueil d’une maison médicale, la finalisation du projet de parc d’activités d’Ennery, ou en matière de tourisme et de loisirs verts l’aménagement des emprises de l’ancienne voie ferrée de la vallée du Sausseron. Un concours d’idées a été lancé pour la promotion d’une architecture contemporaine dans le Vexin, le premier prix attribué à un éco-hameau sur Labbeville ;  des réflexions sont menées à l’échelle du PNR pour le développement des modes alternatifs à la voiture, par le co-voiturage notamment. Enfin, il faut rappeler que les trois communes relevant de l’ancienne CC de la Vallée de l’Oise et des Impressionnistes étaient couvertes par un SCoT approuvé en 2012, mais désormais caduc.

Le jardin de Daubigny, avec Chat – © Vincent van Gogh

Ce territoire a une vocation régionale affirmée de préservation et de valorisation environnementale et patrimoniale et joue un rôle majeur dans le développement touristique régional, grâce au pôle d’Auvers-sur-Oise mais aussi dans le cadre plus général du tourisme vert, fluvial, culturel et de l’hébergement touristique, avec en particulier le projet de Véloroute Paris Londres par Beauvais.  L’effort attendu de construction de logements restera mesuré dans les bourgs et villages, essentiellement sous forme de densification de l’enveloppe urbaine ou en extension limitée, en prenant soin à la qualité de l’intégration urbaine et paysagère ; à Auvers-sur-Oise, l’effort devrait être plus important, en raison de sa desserte et de sa proximité de l’espace urbain.

Sausseron Impressionistes est aussi un territoire d’expérimentation et un modèle pour d’autres territoires ruraux non inscrits dans un PNR, et cela dans plusieurs domaines : une agriculture durable et économiquement viable, le maintien d’une économie résidentielle notamment orientée vers le commerce de proximité, l’accessibilité aux services et aux équipements, le développement des mobilités douces, la fluidification et la pacification de sa voirie.

ENJEUX POUR DEMAIN
Ce territoire aura à conforter sa place dans le PNR par la préservation et la valorisation de ses patrimoines, et en particulier à renforcer la dimension touristique et de loisirs en lien avec les autres territoires proches de la vallée de l’Oise. Les actions entreprises en matière de mobilités en vue d’une réduction de la place de la voiture sont à poursuivre, en lien avec l’amélioration urbaine et tout particulièrement sur la route de bords d’Oise, de même que le renforcement de l’accessibilité aux équipements et services. Une démarche visant à l’aménagement d’un véritable parc paysager et urbain de bords d’Oise serait à initier en lien avec les autres territoires voisins, et une démarche d’aménagement paysager cohérente à l’échelle de la vallée du Sausseron serait à entreprendre en lien avec son projet de classement.

Date de mise à jour : Avril / 2017

Contact IAU sur ce territoire : francois.gorrand@iau-idf.fr